– Par Valérie Carrier
Dans mes implications en Église, je côtoie plusieurs prêtres. Ils deviennent mes amis, mes frères; chacun a ses qualités et ses défauts… Ils sont des êtres humains, comme tout le monde. Mais l’appel vocationnel auquel ils ont répondu en est un qui sort de l’ordinaire : ils exercent des ministères dans lesquels leur rôle est de permettre à Jésus Lui-même d’agir à travers eux. Ça ne dépend aucunement de leurs mérites ou de leurs capacités; par la grâce de Dieu et l’autorité de l’Église, dans des rituels spécifiques, les mains et les paroles des prêtres deviennent celles du Christ. Il y a de quoi s’émerveiller!
C’est dans les sacrements que cette vocation trouve ainsi son sommet : au moment de la consécration de l’Eucharistie, c’est Jésus qui vient dire, par la bouche du prêtre et en élevant l’hostie et le calice : « Ceci est mon corps livré pour vous. Ceci est la coupe de mon sang… » Dans le sacrement du Pardon, c’est le Christ qui écoute par les oreilles du prêtre et qui absout les péchés par ses gestes et ses paroles.
Au début de ma vie adulte, j’ai été bien touchée par une chanson qu’une femme consacrée avait composée sur le mystère du sacerdoce des prêtres. Je trouvais ça particulièrement émouvant que l’admiration et l’émerveillement qui y étaient exprimés viennent d’une personne à qui cette vocation n’était pas accessible; c’était pur, tout tourné vers l’amour. Les paroles disaient : « Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre du roi Melkisédek. Ne crains plus désormais, mais crois à ton mystère. »
La première partie de ce refrain est une référence biblique, ancrant le sacerdoce dans l’histoire d’alliance de Dieu avec l’humanité. Car il y avait des prêtres avant la venue du Christ, bien que leur rôle et sa signification étaient bien différentes de celles des prêtres catholiques. D’ailleurs, il y a toujours eu des prêtres dans diverses traditions religieuses : ils sont le lien entre le divin et les êtres humains, ils offrent les sacrifices de la part des fidèles et leur rapportent les volontés divines. Mais le prêtre catholique devient lui-même Celui qui s’est offert en sacrifice ultime pour le salut de chacun, et il n’y a donc plus de distance entre Dieu et son peuple!
« Ne crains plus désormais, mais CROIS EN TON MYSTÈRE! » La chanson invite ensuite le prêtre à la confiance, car ce n’est pas par lui-même qu’il est extraordinairement précieux pour l’humanité, mais par le mystère divin que Dieu lui fait la grâce de porter!
Il est facile d’oublier la splendeur du mystère de la vocation sacerdotale, de diminuer sa valeur lorsque l’humanité d’un prêtre nous déçoit, de s’habituer aux sacrements comme s’ils n’avaient qu’une piètre importance… Même les prêtres peuvent l’oublier, et leur tâche n’est par ailleurs pas facile. Prions donc pour que l’Esprit-Saint ravive en chacun l’amour du sacerdoce afin qu’on sache mieux y reconnaître la présence de Dieu!
