Voilà seulement une semaine que nous avons célébré la Résurrection du Seigneur, et l’Évangile nous rappelle cet épisode de Thomas qui demande à voir les plaies de Jésus ressuscité pour croire. Thomas “Dydime” qui signifie jumeau, (peut-être le nôtre?), nous ramène à cette expression désolée de Jésus : “Comme votre cœur est lent à croire!” (Lc 24, 25) adressée aux deux disciples qui marchent vers Emmaüs.
Je me demande parfois à quel point je me laisse réellement saisir par l’Évangile, “cette heureuse annonce qui change la vie”, qui culmine par la victoire de l’amour sur la discorde et de la vie sur la mort. Au Québec, nous sommes privilégiés de pouvoir vivre le passage de saisons aussi différentes. Je crois que cela peut nous aider à mieux saisir cette réalité de foi, que ce qui semble mort est appelé à ressusciter. Les oies reviennent, la sève d’érable coule et la neige fond. Pareil à chaque année et pourtant différent d’une fois à l’autre.
Thomas, ainsi que moi-même, pouvons affirmer avoir rencontré le Seigneur. Lui en vrai, il y a 2000 ans. Moi, plus récemment et autrement. Et nous savons qu’Il a dit qu’Il reviendrait. Mais quand? En tout cas, ça fait longtemps qu’on l’attend. Pour moi, une clé de lecture se trouve dans : “Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites” (Mt 25, 40). Il y a assez de plaies et de souffrances autour de nous et en notre monde pour que nous n’ayons pas à attendre le retour du Seigneur pour croire et marcher à sa suite. Il est déjà là, attendant qu’on le soigne, le console, attendant même qu’avec son Père, on le ressuscite… Mystère !
Je nous souhaite que Pâques ne soit pas qu’une fête d’une fois l’an ou la semaine. Que ce soit un passage de chaque jour où il m’est donné de “voir” le Seigneur qui me rejoint sur tous les chemins d’Emmaüs de ma vie pour marcher avec moi et se donner à voir réellement dans les plaies de mes frères et sœurs qu’il m’appelle à aimer. Oui ! Le Seigneur reviendra comme il l’a dit. En attendant, n’oublions pas que l’expérience de la foi nous donne à croire que s’Il doit revenir, Il est déjà là.
Joyeuses Pâques !

