– Par Valérie Carrier
Il y a quelque temps, j’ai perdu ma grand-tante religieuse, de qui j’ai toujours été proche. Son décès n’est pas triste : elle allait avoir 99 ans, elle a vécu une vie heureuse et bien remplie, et son départ a été paisible… Et pourtant, j’en ai ressenti de la tristesse; ma tante Colette me manque. Alors que la mort fait partie de la vie et que mourir de cette façon, dans sa vieillesse, en est la meilleure version, ce décès implique tout de même un deuil à vivre. N’est-ce pas intéressant? Il me semble qu’il s’agit d’un parfait exemple pour comprendre que le deuil est inévitable!
Je n’exprime pas cela par défaitisme, mais au contraire, en suivant un regard qui donne du sens à la douleur que la mort engendre. Le deuil apparait facilement comme un mal, de notre point de vue humain. Certes, il n’est pas agréable à vivre et dans certains cas, il s’approche d’une torture… Mais puisqu’il est inévitable, il fait partie de la vie, il fait partie de l’histoire. Il faut l’accueillir pour pouvoir vivre l’histoire à fond! Et l’histoire humaine, tout comme l’histoire de chaque être humain, est un chemin qui permet à l’humanité de s’épanouir dans sa relation avec Dieu.
On dit que tout concourt au bien de celui qui aime Dieu… Ça ne veut aucunement dire que rien de mal n’arrivera à qui aime Dieu. Si c’était le cas, Jésus n’aurait certainement pas été crucifié! Ce que ça signifie plutôt, c’est que si on lui en laisse la possibilité, Dieu fera contribuer à notre bien même ce qui, au premier abord, parait comme un mal. C’est pour ça que la joie chrétienne n’est pas superficielle : elle ne consiste pas en des œillères qui empêchent de voir le négatif, ou en un jeu d’acteur qui fait semblant qu’on ne souffre pas… Elle est plutôt fondée dans une espérance qui regarde la réalité en face et sait que Dieu travaille à ce qu’elle porte du bon fruit en toute chose.
Ressentir le manque d’un être cher est signe qu’on a aimé cette personne, et ça, c’est une bonne chose. Ça peut aussi aider à se souvenir des leçons transmises par la vie de la personne disparue; ainsi, mes souvenirs de ma tante Colette commémorent pour moi son modèle de bienveillance constante envers chaque personne rencontrée.
