– Par Valérie Carrier
Dans une homélie, dernièrement, un prêtre rappelait l’époque de son enfance où la foi catholique était enseignée par l’apprentissage par cœur des contenus du Petit catéchisme. La définition de certains éléments de la foi se terminait par l’affirmation qu’il s’agit d’un mystère, et ça concluait le sujet.
Moi, j’ai eu la grâce de grandir avec un père qui s’était passionné du (tout nouveau alors) Catéchisme de l’Église catholique conçu par le pape Jean-Paul II. Ce catéchisme-ci est maintenant de loin préféré à l’autre; la méthode de catéchèse a changé : on explique les concepts, on encourage à comprendre le contenu de la foi pour pouvoir le mettre en pratique, on favorise une harmonie entre l’intelligence et l’expérience. Pourtant, on continue de parler de « mystères »!
Alors il convient de se demander : mais qu’est-ce donc qu’un mystère, dans la foi catholique? Est-ce quelque chose auquel il faut croire sans se poser de questions vu qu’on ne peut pas le comprendre de toute façon, comme semblait le laisser entendre le Petit catéchisme?
En fait, il s’agit plutôt de quelque chose de si grand qu’on n’aura jamais fini de le découvrir et d’en approfondir la compréhension; donc, quelque chose qu’on pourra méditer et réfléchir tout au long de sa vie de manière toujours aussi riche! Il s’agit d’une réalité qui « dépasse toute compréhension et toute représentation » (CEC, §1027), mais qu’on est appelé à se représenter quand même pour la comprendre de plus en plus.
Il y en a aussi dans la science, des mystères… Parce qu’un mystère n’est pas quelque chose qui n’a pas d’explication, mais dont on ne peut pas (humainement) connaître et saisir l’entièreté de cette explication. La science explore, observe et expérimente, et elle nous permet ainsi d’« éclaircir » de plus en plus de mystères, mais il en reste toujours beaucoup! Et de la même manière, ce qu’on nomme un « mystère » dans la foi n’est pas sans explication, certainement pas sans logique… mais on ne peut prétendre connaître et comprendre entièrement ce dont il s’agit, simplement. D’ailleurs, il ne faut pas confondre la réalité de Dieu avec les représentations qu’on s’en fait (c.f. CEC, §42). Mais on peut s’octroyer le plaisir d’explorer et approfondir le passionnant sujet de ce qui concerne Dieu tout au long de sa vie!
Et, bien sûr, il ne faut pas oublier de confier son intelligence au Seigneur pour qu’Il éclaire notre compréhension!
